Les ventes de voitures neuves en Europe ont progressé de 4,9 % en octobre, d’après les derniers chiffres de l’ACEA relayés par Reuters. Après des mois de turbulence entre tensions commerciales, transition électrique chaotique et concurrence chinoise agressive, le marché semble enfin respirer.
Mais derrière la remontée globale, une réalité domine : ce sont les véhicules électrifiés — hybrides, hybrides rechargeables et 100 % électriques — qui redessinent le paysage.
Pourquoi ce rebond compte : l’Europe navigue dans une année sous tension
2025 n’a épargné personne dans l’industrie auto européenne. Reuters rappelle une série de chocs qui ont frappé le secteur :
- Tarifs douaniers imposés par l’administration Trump
- Ralentissement du marché chinois, historiquement vital pour les marques européennes
- Transition électrique trop lente, qui pèse sur la rentabilité
- Crainte d’une nouvelle crise des semi-conducteurs, notamment autour de Nexperia
Pendant ce temps, les exportations chinoises vers l’Europe continuent de grimper. Les marques comme BYD, MG (SAIC) ou Geely avancent sans lever le pied — et gagnent des parts de marché mois après mois.
La hausse des ventes européennes arrive donc dans un contexte où chaque point de croissance compte.
Les chiffres clés : 1,092 million de voitures vendues, avec une reprise inégale selon les pays
Selon les données ACEA rapportées par Reuters, l’UE + le Royaume-Uni + l’AELE totalisent 1,092 million de nouvelles immatriculations en octobre.
Évolution par marché
- Allemagne : +7,8 %
- Royaume-Uni : +0,5 %
- Espagne : +15,9 %
- France : +2,9 %
- Italie : –0,5 %
L’Europe du Sud tire la croissance, l’Italie cale légèrement.
Performances des constructeurs
Toujours selon Reuters :
- Volkswagen : +6,5 %
- Stellantis : +4,6 % (mais –4,7 % depuis janvier)
- Renault : +10,6 %
Côté électriques :
- Tesla : –48,5 % (effet prix + concurrence chinoise)
- BYD : +206,8 %, part de marché 1,6 % (0,5 % en 2024)
- SAIC Motor (MG) : +35,9 %
La dynamique est limpide : les groupes chinois accélèrent ; Tesla ralentit ; les européens tiennent… mais doivent se battre.
L’électrique explose : +38 à +43 % selon les segments
L’ACEA observe une véritable vague électrifiée :
- +38,6 % pour les véhicules 100 % électriques (BEV)
- +43,2 % pour les hybrides rechargeables (PHEV)
- +9,4 % pour les hybrides (HEV)
Résultat : les motorisations électrifiées représentent 63,9 % des nouvelles immatriculations, contre 55,4 % un an plus tôt.
Autrement dit : près de deux voitures neuves sur trois en Europe ne sont plus thermiques.
Reuters confirme que l’essence et le diesel sont en recul dans toutes les grandes économies européennes.
Ce que dit l’ACEA : un rebond, mais loin des niveaux d’avant-crise
Deux messages clés cités par Reuters :
- « Les volumes restent très inférieurs à ceux d’avant la pandémie. »
- « La part de marché de l’électrique atteint 16,4 % depuis le début de l’année, mais reste insuffisante pour respecter les objectifs européens. »
En résumé : la reprise est réelle, mais fragile. Et l’électrification progresse vite… mais pas assez vite pour les régulateurs européens.
Le marché automobile européen retrouve un peu de souffle, porté par les immatriculations électrifiées et la demande structurelle post-crise.
Mais l’image globale reste contrastée : Tesla décroche, les constructeurs chinois montent en puissance, et les marques européennes avancent sous pression réglementaire et géopolitique.
La vraie question pour la suite : l’Europe peut-elle gagner la bataille de l’électrique face à la Chine, tout en absorbant des chocs commerciaux et technologiques à répétition ?







