Project Prometheus : Jeff Bezos rachète General Agents et relance l’IA physique

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Bezos revient sur le terrain, et il ne revient pas pour jouer

Quatre ans après s’être éloigné des opérations d’Amazon, Jeff Bezos réapparaît avec un plan lourd : injecter 6,2 milliards de dollars dans l’intelligence artificielle appliquée à l’économie réelle. Son nouveau véhicule, Project Prometheus, veut construire des systèmes d’IA capables de concevoir, fabriquer et optimiser des objets complexes — ordinateurs, voitures, engins spatiaux.
Premier mouvement stratégique : l’acquisition discrète mais décisive de General Agents, une startup spécialisée dans les agents cognitifs autonomes. L’opération, révélée par Wired, n’a pas dévoilé son montant, mais l’intention est limpide : prendre de l’avance sur la fusion entre l’IA logicielle et l’industrie lourde.

General Agents : la pièce maîtresse qui manquait à la stratégie IA de Bezos

Fondée en 2024 par Sherjil Ozair (ex-Google DeepMind) et William Guss (ex-OpenAI), General Agents n’est pas une énième startup IA. Elle a développé Ace, un agent autonome capable d’enchaîner des tâches digitales complexes sans supervision humaine.

Ace : l’agent IA qui veut éliminer le “digital labor”

Le mantra de General Agents — “libérer l’humanité du digital labor” — n’est pas qu’un slogan. Ace sait :

  • monter des vidéos
  • transférer ou structurer des données entre applications
  • réserver des services ou gérer des interactions complexes
  • battre Operator, l’agent IA d’OpenAI, sur plusieurs benchmarks

Mais l’atout réel, celui qui a probablement déclenché l’achat, se trouve dans l’architecture derrière Ace.

Architecture VLA : le chaînon manquant pour la robotique industrielle

Ace s’appuie sur deux modèles propriétaires (ace-control-small et ace-control-medium) reposant sur une architecture VLA (Video–Language–Action).
Cette approche est stratégique : c’est l’architecture clé pour entraîner des robots grâce à la compréhension simultanée de la vision, du langage et des actions.

Pour Project Prometheus, qui vise à révolutionner :

  • l’automatisation,
  • la fabrication avancée,
  • la robotique industrielle,

la technologie VLA est un accélérateur industriel. C’est exactement ce qu’il faut pour passer d’une IA « dans le cloud » à une IA capable d’agir dans le monde physique.

Project Prometheus : recruter, intégrer, industrialiser

Coprésidé par Vik Bajaj, cofondateur de Verily (Alphabet), Project Prometheus ne perd pas de temps.

  • Plus de 100 employés recrutés en quelques mois, incluant les deux fondateurs de General Agents.
  • Une stratégie d’intégration agressive pour verrouiller l’expertise.
  • Une méthodologie inspirée de Periodic Labs, une startup ayant levé 300 millions $ pour créer un laboratoire autonome piloté par IA.

La stratégie Bezos : produire des données réelles à une échelle industrielle

Periodic Labs utilise des robots pour réaliser des expériences scientifiques en boucle, générant des volumes massifs de données qui servent ensuite à entraîner ses modèles.
Project Prometheus veut appliquer la même logique, mais à la fabrication réelle :

  • chaînes d’assemblage,
  • automobile,
  • électronique avancée,
  • aérospatial.

En clair : produire des données industrielles à grande échelle pour créer des modèles d’IA incroyablement efficaces, ancrés dans le monde physique, et capables d’apprendre des erreurs de production en temps réel.

Bezos vise l’IA “monde réel”, et il avance vite

Avec 6,2 milliards $ en poche, une architecture VLA stratégique et l’acquisition de General Agents, Bezos positionne Project Prometheus comme le premier candidat sérieux pour dominer l’IA physique.

On entre dans une nouvelle ère :

celle où l’intelligence artificielle ne se contente plus de prédire ou générer — elle fabrique.

Automobile, aérospatial, électronique : tout ce qui nécessite précision, automatisation et optimisation est sur le radar.
Le pari est clair : faire de l’IA physique le prochain levier industriel mondial.

Le secteur industriel est-il prêt à affronter un Bezos décidé à reconstruire le futur de la fabrication ?

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