Fujitsu Kozuchi Physical AI 1.0 : quand l’IA agentique entre enfin dans le monde réel

Fujitsu-Kozuchi-2

L’IA générative a envahi les bureaux, mais elle reste largement coupée du monde physique et des processus critiques des entreprises. Fujitsu veut combler ce fossé.
Avec Kozuchi Physical AI 1.0, le groupe japonais pose une brique stratégique : une plateforme qui connecte IA agentique, workflows sensibles et environnements physiques, en s’appuyant sur NVIDIA et son stack logiciel NIM.
Objectif clair : automatiser des opérations réelles, confidentielles et inter-organisationnelles, là où l’IA échoue encore.

Qu’est-ce que Fujitsu Kozuchi Physical AI 1.0 ?

Kozuchi Physical AI 1.0 est une technologie d’orchestration qui unifie :

  • des agents IA spécialisés,
  • des workflows métiers complexes,
  • et, à terme, des robots et systèmes physiques.

Contrairement aux IA généralistes, la plateforme est pensée pour :

  • les données sensibles,
  • les processus réglementés,
  • et les environnements industriels réels.

👉 C’est le premier résultat concret du partenariat stratégique Fujitsu–NVIDIA annoncé en octobre 2025.

Fujitsu-Kozuchi-2
Fujitsu-Kozuchi-2

Le cœur du système : un framework multi-agents sécurisé

Fujitsu introduit un framework multi-AI agents conçu pour l’automatisation de workflows critiques.

Fonctionnalités clés

  • Interface visuelle pour construire et maintenir des workflows complexes.
  • Combinaison automatique d’agents via Fujitsu Composite AI.
  • Intégration native des microservices NVIDIA NIM, avec gestion des versions et mises à jour.
  • Sécurité inter-agents assurée par le Fujitsu Secure Inter-Agent Gateway.

🎯 Résultat : des chaînes d’IA modulaires, auditables et maintenables, un point bloquant majeur pour l’adoption en entreprise.

Des agents IA spécialisés pour les achats et la conformité

Fujitsu cible d’abord un domaine concret : les opérations d’achats en entreprise, souvent lentes, réglementées et coûteuses.

Trois agents IA basés sur le LLM Takane

  • Agent de compréhension documentaire
    → Analyse des documents complexes et conversion en données structurées.
  • Agent d’analyse réglementaire
    → Interprétation des règles et génération de critères de conformité.
  • Agent de vérification de conformité
    → Contrôles automatisés et envoi sécurisé des demandes de devis aux fournisseurs.

Des gains mesurables, pas du marketing

Fujitsu a testé la solution en interne.

Résultats observés

  • –50 % de charge de travail sur la confirmation des commandes.
  • +50 % de vitesse d’inférence, grâce à la compatibilité NVIDIA NIM.
  • Des centaines de contrôles de conformité quotidiens accélérés.

📊 Ce sont exactement les indicateurs que les directions achats et finance attendent pour justifier un déploiement.

Pourquoi l’IA agentique bloque encore en entreprise

Malgré les progrès, l’IA agentique reste peu déployée à grande échelle. Pourquoi ?

  • Données ultra-sensibles mal protégées.
  • Workflows inter-départements difficiles à maintenir.
  • Absence de standardisation entre agents IA.
  • Difficulté à relier l’IA aux opérations physiques réelles.

Kozuchi Physical AI 1.0 est conçu précisément pour lever ces freins.

Vers l’IA souveraine et l’IA physique

Fujitsu ne s’arrête pas aux achats.

Feuille de route annoncée

  • D’ici fin FY2025 : transformation en socle d’IA agentique autonome, capable d’apprendre dans les environnements clients.
  • Extension vers l’IA physique : interaction directe avec robots et systèmes industriels.
  • Ciblage des domaines souverains : industrie, infrastructures critiques, administrations.

🧠 Vision long terme : une collaboration fluide entre agents IA et robots, pilotée par une compréhension fine des opérations réelles

Analyse marché : un positionnement stratégique face aux géants

Fujitsu se place sur un créneau précis :

  • Moins grand public que OpenAI ou Google,
  • Mais beaucoup plus industriel, sécurisé et souverain.

Avec NVIDIA comme partenaire technologique, Fujitsu vise :

  • les grands comptes,
  • les secteurs régulés,
  • et les marchés où l’IA doit agir, pas seulement générer du texte.

Limites et zones de friction : ce que Fujitsu ne dit pas encore

Malgré son positionnement robuste, Kozuchi Physical AI 1.0 n’est pas exempt de risques. D’abord, la dépendance technologique à NVIDIA est réelle : l’intégration profonde des microservices NIM renforce la performance, mais enferme Fujitsu dans un écosystème propriétaire, avec un risque de verrouillage à moyen terme sur les coûts et l’évolution matérielle. Ensuite, la complexité de déploiement reste élevée : orchestrer des agents IA sécurisés, interopérables et maintenables exige des compétences rares, ce qui limite l’adoption aux grands groupes disposant d’équipes IT matures. Enfin, la concurrence est loin d’être absente. Microsoft (Copilot Studio), SAP (Joule), IBM (Watsonx) et Siemens avancent rapidement sur l’automatisation intelligente des processus industriels. La différence se jouera moins sur la technologie que sur la capacité de Fujitsu à industrialiser, standardiser et prouver le ROI à grande échelle.

Conclusion

Kozuchi Physical AI 1.0 marque un tournant :
l’IA sort enfin des POC pour entrer dans les processus réels, critiques et physiques des entreprises.

La question n’est plus si l’IA agentique sera adoptée, mais qui fournira l’infrastructure fiable pour la déployer à grande échelle.
Fujitsu vient clairement de poser sa candidature.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *