IA et emploi : pourquoi 2025 marque une rupture historique du marché du travail américain

IA-et-emploi

Octobre 2025 restera comme un signal d’alarme majeur pour l’économie américaine.
En un seul mois, plus de 153 000 emplois ont été supprimés, un record pour un mois d’octobre depuis plus de vingt ans.
Derrière ce chiffre, un facteur domine clairement : l’accélération brutale de l’intelligence artificielle dans les entreprises, combinée à un contexte macroéconomique tendu.

Ce qui se joue ici n’est pas une crise conjoncturelle classique.
C’est une transformation structurelle du travail.

153 000 licenciements en octobre 2025 : un record depuis 2003

Selon les données de Challenger, Gray & Christmas, référence mondiale du suivi des plans de licenciements :

  • 153 074 licenciements annoncés en octobre 2025
  • Niveau le plus élevé pour ce mois depuis 2003
  • Une hausse nette par rapport à octobre 2024

Ces chiffres sont consolidés par Trading Economics, qui confirme une accélération continue des suppressions de postes sur l’ensemble de l’année.

👉 Ce n’est pas un accident ponctuel.
👉 C’est une tendance lourde.

Plus d’1,1 million d’emplois supprimés depuis janvier 2025

Depuis le début de l’année :

  • 1 099 500 licenciements annoncés jusqu’à fin octobre
  • Plus de 1,17 million si l’on inclut novembre
  • Un niveau comparable aux pics de 2020, mais sans choc sanitaire

Annonces de licenciements vs chiffres officiels du BLS

Point méthodologique essentiel :

  • Les chiffres de Challenger, Gray & Christmas mesurent les annonces d’entreprises
  • Le Bureau of Labor Statistics (BLS) mesure les suppressions effectives avec décalage

Historiquement, les annonces précèdent les données BLS de 3 à 6 mois.

👉 Le marché du travail se dégrade avant que les statistiques officielles ne le reflètent.

L’intelligence artificielle comme facteur central de destruction d’emplois

Contrairement aux cycles précédents, la technologie n’est plus un simple levier de productivité.
Elle devient un substitut direct au travail humain.

Ce que dit réellement Goldman Sachs

Un rapport largement cité de Goldman Sachs indique que :

  • Jusqu’à 300 millions d’emplois équivalent temps plein pourraient être exposés à l’automatisation
  • Il s’agit d’emplois transformés ou partiellement remplacés, pas de suppressions nettes garanties

Goldman Sachs précise également que :

  • L’IA pourrait créer environ 170 millions de nouveaux emplois
  • Mais le solde net dépendra de la vitesse d’adaptation des compétences

👉 Le problème n’est pas le volume d’emplois créés.
👉 Le problème est le décalage entre disparition et reconversion.

Les métiers les plus menacés par l’automatisation

Les suppressions touchent en priorité les métiers à forte composante cognitive standardisable :

  • Développeurs généralistes et codeurs juniors
  • Services clients et centres d’appel
  • Représentants commerciaux sédentaires
  • Comptables, analystes financiers juniors
  • Fonctions administratives et back-office

Ces métiers ont un point commun mesurable : plus de 50 % de leurs tâches sont automatisables selon les estimations croisées de McKinsey et Goldman Sachs.

👉 Ce ne sont pas des emplois peu qualifiés qui disparaissent, mais des emplois intermédiaires standardisés.

Les métiers qui résistent et recrutent

À l’inverse, la demande progresse fortement dans les secteurs suivants :

  • Ingénierie en intelligence artificielle
  • Data science et data engineering
  • Cybersécurité
  • Véhicules autonomes et systèmes intelligents
  • Cloud, calcul haute performance, semi-conducteurs

👉 Les métiers qui conçoivent, sécurisent et pilotent l’IA remplacent ceux qui l’exécutent passivement.

Une leçon historique : l’IA suit la logique des grandes ruptures technologiques

Historiquement :

  • La mécanisation a détruit l’artisanat
  • L’informatique a supprimé des millions de postes administratifs
  • L’IA s’attaque désormais aux emplois qualifiés intermédiaires

La différence majeure aujourd’hui : la vitesse.

Les systèmes IA progressent plus vite que :

  • les programmes éducatifs
  • les politiques publiques
  • les capacités de reconversion des travailleurs

Conclusion : un choix stratégique pour la prochaine génération

Le message est direct :

  • Ignorer l’IA, c’est prendre un risque professionnel majeur
  • Choisir une formation déconnectée de la technologie devient un pari dangereux
  • L’employabilité future dépendra de la capacité à travailler avec, autour ou au-dessus de l’IA

La question n’est plus si le marché du travail va changer.
La seule question est : qui sera prêt à temps ?

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